Témoignages
Un an en Suisse
Sergio M.
Je m’appelle Sergio M. En 1992 j’ai entendu parler d’YFU à travers une étudiante d’échange
dans mon école secondaire à Mexique, là où je suis né. L’étudiante m’avait beaucoup aidé avec
mes leçons d’anglais. En même temps, je l’aidais avec son espagnol, et nous nous sommes
faits amis. Elle m’a recommandé de faire des enquêtes à propos d’YFU et de passer un an à l’étranger.
Quand je suis arrivé en Suisse, ma famille d’accueil s’assurait que je me sentais toujours à l’aise
et partie de leur foyer, même si au début je ne comprenais rien à ce qui se passait autour de moi.
Tout était très nouveau et très différent de chez moi. J’aimais l’air propre de montagne, mon
école nouveau et ultramoderne, l’excellente nourriture suisse qu’on me préparait avec amour, et
la sensation d’exploration et d’indépendance que ressentent la plupart des étudiants d’échange
lorsqu’ils commencent leur aventure à l’étranger.
Je me suis vite intégré à mon environnement, et l’apprentissage du français m’a semblé facile et
naturel. Je n’ai éprouvé aucune difficulté à m’entendre avec les Suisses : je faisais partie d’une
petite classe, et les professeurs et étudiants étaient toujours patients et disposés à m’aider.
Si vous lisez ceci et vous songez à passer un an à l’étranger, je vous invite à vivre une des
expériences plus enrichissantes de votre vie, sachant que le réseau de soutien d’YFU est
disponible à rien qu’un appel si vous en avez besoin. Je vous propose également de penser à la
façon dont vous utiliserez l’internet pendant votre absence, et l’impact qu’elle aura sur votre
expérience. La technologie a rendu le maintien du contact plus vite et moins cher. Pourtant, je
me questionne sur son utilité pour des étudiants qui essaient de s’intégrer à une nouvelle culture
et d’en absorber le maximum pendant un an. Lorsque je suis parti à l’étranger, les appels étaient
encore chers, et le courrier était la seule façon de communiquer. D’une certaine manière, je crois
que cela m’a aidé à me concentrer sur le présent et à m’engager auprès de mes amis et de ma
famille suisse, au lieu d’avoir le réseau social de chez moi disponible au clic d’un bouton.
Mon meilleur conseil, c’est de vous entourer de gens amicaux et aimables du coin le plus
possible. Vous enrichirez votre conception du monde et vos capacités linguistiques en ce faisant!
Un an aux Pays-Bas
Paul H.
Je suis arrivé en Oldenzaal, les Pays-Bas le 12 août 2008. Je n’avais pas vraiment eu le temps
de réfléchir sur l’an qui m’attendait, car pour plusieurs semaines avant mon arrivée j’avais été
occupé à faire du backpacking en Europe avec un ami. Si j’avais passé ce temps en Canada, à
réfléchir à ce qui m’attendait après mon vol direct à Schipol, Amsterdam, je ne sais pas comment
je me serais senti. Dans les faits, je n’ai pas eu le temps de vivre de la peur ou de l’angoisse. Je
suis entré en courant à l’année qui a fini par être la plus dynamique et la plus enrichissante de ma
vie.
Mon année a été pleine de beaux moments, mais ce n’est pas tout à fait que j’ai adoré chaque
instant de chaque jour. Le premier mois a été le plus difficile : on peut se retrouver très fatigué
en écoutant une nouvelle langue en tout temps. J’étais obligé à faire des siestes régulièrement
l’après-midi, ce que je n’avais jamais fait auparavant. L’école elle aussi était un vrai défi au
début, l’aspect académique autant que l’aspect social. Tous mes cours étaient complètement
en néerlandais. Même si j’avais déjà vu la majorité du matériel, il m’était difficile de répondre
quand j’étais incapable de lire la question. C’est intimidant socialement d’entrer à une nouvelle
école où on ne connaît personne. Les élèves dans ma classe étaient très gentils avec moi, mais
c’est difficile de se sentir à l’aise sans son propre groupe d’amis. Le premier mois, je mangeais le
dîner avec mon seul connaissance, un étudiant d’YFU norvégien. Nous sommes amis à ce jour,
mais ce n’était pas idéal, car nous ne nous mélangions pas aux étudiants néerlandais et parlions
habituellement en anglais. Je ne nie pas que ce premier mois a été difficile, je me sentais même
un peu seul en essayant de me faire une place dans ma nouvelle vie; néanmoins je n’ai jamais
ressenti le désir de rentrer chez moi, comme j’ai entendu dire que quelques autres étudiants YFU
aux Pays-Bas le voulaient. Je savais que je saisirais la langue tôt ou tard. Je n’avais non plus
jamais eu de la peine à faire des amis, et je savais que ces choses viendraient avec le temps.
Rendu en octobre, j’avais trouvé ma niche. J’avais noué une assez bonne relation avec un gars
dans une de mes classes, et un jour il m’a invité à faire compagnie à son groupe d’amis dans
la cafeteria. Après cette première introduction, j’ai commencé à me joindre à eux en dehors de
l’école : par exemple, on allait prendre une bière le vendredi après-midi, ou manger quelque
chose dans un snack-bar du coin. Dans un clin d’œil, je me trouvais à passer tout mon temps
avec eux, et je faisais partie d’un groupe génial. Il s’agissait d’à peu près douze gars maximum,
avec un cœur de six ou sept. Je me trouvais aussi en pleine saison de football (soccer comme on
dit au Canada). Je jouais depuis mon arrivée en août, et j’étais arrivée à me sentir très confortable
avec mon rôle dans l’équipe.
Mon néerlandais s’améliorait de mois en mois. J’avais à faire chaque fin de semaine : un jeu
de football les samedi après-midi et diverses activités avec mes amis. J’ai passé Noël avec ma
famille, qui a été super dès le tout début. L’hiver néerlandais est plutôt tranquille, avec une pause
dans la saison de football et peu de choses à faire dehors. On a joui d’une brève période froide
qui a saupoudré le sol de neige et laissé assez de glace pour patiner, une activité que révèrent les
Néerlandais.
Les choses se sont poursuivies sans incident jusqu’à la fin de février, lorsque j’ai accompagné
ma famille pour une semaine de ski dans la République tchèque. C’était une des plus belles
semaines de l’année : on skiait tous les jours et sortait tous les soirs avec des adolescents
néerlandais. Après ces vacances il y a eu Carnaval, que je n’arrive même pas à comparer avec
quoi que ce soit de canadien. Il s’agissait de trois jours de costumes, de défilés et de fête.
L’année scolaire filait. Mon néerlandais était devenu courant, grâce largement à mes amis,
mais surtout à ma blonde. Les trois derniers mois ont été les meilleurs de mon échange, il y
avait quelque chose tous les jours. J’ai pu participer à une excursion d’école aux Ardennes en
Belgique, où j’ai profité de toutes sortes d’activités sportives, entre autres le vélo de montagne,
l’escalade et l’exploration de grottes.
Le dernier mois a été un sprint, pendant que j’essayais de faire entrer toutes les choses que
j’avais dit que j’allais faire. À la fin, même un an n’a pas été assez long. La dernière semaine a
été douce-amère. J’ai eu quelque fêtes de départ de la part des mes camarades de classes et de
mes amis, et j’ai fêté mon anniversaire. C’était cependant un temps difficile, car je ne voulais
pas être obligé de rentrer chez moi. Le matin avant mon vol, j’ai partagé une bière de départ avec
mes amis les plus proches. Et puis j’étais parti, sur l’avion, chez moi.
En rétrospective, cette année-là a été sans doute la meilleure de ma vie jusqu’à maintenant. J’ai
fait quelques-uns des meilleurs amis que je n’ai jamais eus, et j’envisage de rester en contact
avec eux pour longtemps. Grâce à l’expérience, ma zone de confort s’est agrandie et mes
horizons se sont élargis dans plusieurs domaines. Non seulement ai-je pu apprendre une nouvelle
langue, mais j’ai vécu une nouvelle culture et mode de vie. Je conseillerais YFU à n’importe
quel étudiant qui recherche une expérience inoubliable dans un autre pays. Moi, je souhaiterais
revivre la mienne tout entière!